mercredi 17 août 2011

Desert de Gobi et Mongolie centrale

Eh ben j'en aurais mis du temps à écrire cet article ! Pas facile de raconter ce qui s'est passé il y a déjà deux mois ! J'ai sûrement oublié quelques détails mais voici à peu près le récit de mes deux premières semaines en Mongolie :

J'ai passé deux jours dans la capitale à me renseigner sur les différentes possibilités de découvrir le pays. Je me suis vite aperçue qu'il était difficile de voyager seule sans tout le nécessaire de camping, un excellent sens de l'orientation et pas mal de préparation. En Mongolie, les routes sont sommaires, il n'y a presque pas de panneaux directionnels et les transports en commun sont peu développés.


La meilleure solution étant peut être d'acheter un cheval (chose que je ferai sûrement la prochaine fois que je viendrai !). Je me suis rapidement rendue à l'évidence qu'il serait plus simple de prendre une sorte de tour organisé que proposent les nombreuses auberges et agences d'Oulan Bator. Je pensais partir une vingtaine de jours, visiter le désert de Gobi, la Mongolie centrale et rejoindre le lac Khovsgol au Nord. Malheureusement, je n'ai trouvé personne qui pouvait se joindre à moi pour partir aussi longtemps. Pendant mes recherches, j'ai croisé David, un français que j'avais rencontré sur l'île d'Olkhone. Il cherchait un tour de 8 jours pour lui et un Allemand qui devait arriver le lendemain. La solution que m'ont proposée les gérants de l'auberge Golden Gobi était de partir dans le désert avec David et Rafael pendant les 5 premiers jours puis de rejoindre un autre groupe, qui était parti la veille, pour encore 9 jours dans la région des huit lacs, au centre de la Mongolie. Tant pis pour le lac Khovsgol.

Nous sommes donc partis le lendemain matin, aux alentours de 8h, accompagnés de Shuck, notre chauffeur, et Munguu, une jeune guide débutante, dans une vieille jeep russe. Après un arrêt au marché local pour faire le plein de provisions, nous avons pris la route en direction du sud.


A peine sortis d'Oulan Bator, nous avons dû nous arrêter à cause d'une crevaison. Pas de soucis, nous changeons la roue, faisons demi-tour pour en récupérer une nouvelle chez un garagiste non loin de là et repartons.


Nous quittons très tôt la route goudronnée pour des chemins de terre très accidentés. L'arrière de la jeep n'est pas très confortable mais l'ambiance est bonne ! Les deux gars sont sympas et très dynamiques, la guide est un peu timide (c'est son premier tour toute seule) mais super gentille et Shuck, qui parle avec Rafa en Russe, a un très bon sens de l'humour et adore déconner.


Les paysages deviennent rapidement désertiques et nous découvrons ces grands espaces bordés de collines et croisons de temps en temps des troupeaux de chèvres et de moutons. Parfois, il y a plusieurs traces de pneus (on ne peut pas vraiment appeler ça des routes) qui partent dans des directions différentes au milieu de rien et on se demande comment ils font pour s'orienter. D'ailleurs, Shuck s'est un peu perdu et a fait quelques détours et demi-tours avant de trouver le bon chemin.
Nous avons atteint la Montagne sacrée Baga Gazarin Chuluu vers 15h. Sympa mais rien d'extraordinaire.


Nous nous sommes arrêtés pour déjeuner dans une yourte "resto". Comme dans toutes les yourtes dans lesquelles nous allons entrer, nous sommes accueillis avec un bol de thé salé au lait (de vache en l'occurrence). Il m'a fallu un moment pour m'habituer... Nous avons mangé des nouilles avec de la viande de mouton (super dure, mais ce sera souvent le cas), des légumes (carottes et poivrons) et des pommes de terre. On retrouvera ces aliments dans la plupart de nos repas. Shuck a profité de la pause pour changer une roue dont le pneu était percé par trois gros clous. Nous sommes donc repartis en direction du désert sans roue de secours...



Quelques heures plus tard, des blocs de granite rose ont envahi le paysage. Ces formations rocheuses ressemblent à des roches empilées, c'est assez sympa à voir.


Le jour commençait à descendre lorsque nous sommes arrivés à la guesthouse (hébergement dans une yourte mais presque pas d'interaction avec la famille).


David, Rafa et moi sommes allés nous balader au milieu des rochers au coucher du soleil. La nuit est tombée très vite et, évidemment, nous nous sommes perdus dans ce labyrinthe de blocs, sans lampe de poche ni moyen de communication. David indiquait une direction, Rafa et moi la direction opposée. Nous avons suivi la majorité et sommes tombés sur un vieil abri pour les troupeaux. J'ai commencé à stresser, je pensais que c'était là et ne savais plus où aller. La nuit était de plus en plus sombre. Nous pensions apercevoir une yourte au loin ; bizarre, on n'avait quand même pas marché si longtemps... En nous approchant, nous avons réalisé que c'était le camp que nous avions passé avant d'arriver à la guesthouse, mais ne savions pas vraiment quelle direction prendre. Plus rien ne semblait familier. Nous avons rebroussé chemin et avons entendu des cris ; animal ou humain, aucune idée... Nous avons crié à notre tour mais aucune réponse. Animal. Quelques minutes plus tard, nous avons entendu des aboiements. J'ai crié "Hey! Ce sont les chiens du camp, on n'a qu'à aller par là !", mais David "C'est peut être des chiens sauvages ou des loups !" (Shuck nous avait dit qu'il pouvait y avoir des loups) Gloups !
Les aboiements étaient de plus en plus forts. Tout à coup, on a vu surgir de derrière les rochers quatre ou cinq chiens qui fonçaient vers nous. Nous avions ramassé des pierres et David était prêt à éclater la tête du pauvre toutou qui s'est approché de lui. C'était bien les chiens du camp. Après les avoir suivi quelques mètres dans la nuit, nous avons vu la lumière de la jeep de Shuck qui était parti à notre recherche. "Lost ?" a-t-il demandé d'un ton moqueur lorsque nous sommes montés "Yes, stupid tourists! Sorry!" Nous n'étions qu'à quelques centaines de mètres du camp...
Une fois remis de nos émotions, nous avons dîné : la même chose qu'au déjeuner mais en soupe et cette fois le thé était au lait de chèvre.

Le lendemain, nous avons visité les ruines d'un ancien temple bouddhiste au milieu des rochers puis nous sommes repartis pour quelques heures de route.



En début d'après-midi, nous avons atteint Middle Gobi, une ville relativement grande au milieu du désert, d'où sont originaires Shuck et Munguu. La jeune guide en a profité pour revoir sa fille de deux ans et nous avons mangé chez Shuck (salade de légumes frais accompagnée de légumes cuits et de viande de mouton tout juste achetée).
Shuck a récupéré une nouvelle roue de secours (ouf !) puis nous sommes repartis pour encore quelques heures de route. Et là, la surprise était de taille ! Nous nous sommes arrêtés au sommet de falaises qui donnent sur une vallée immense de dunes rouge, ocre et blanc. C'était magnifique !



Après en avoir pris plein la vue, nous être baladés et avoir pris des centaines de photos, nous avons roulé jusqu'à la famille de nomades qui nous a accueillis pour la nuit. Ils avaient des chameaux, des chèvres et des moutons. La fille de 18 ans et le garçon de 15 ans (ou 13, je ne sais plus) sont un peu restés avec nous, nous ont emmenés voir leurs troupeaux et ont aidé à préparer le dîner (enfin surtout la fille !).



C'était mon anniversaire et, pour l'occasion (ou pas), Munguu a fait des buutz, spécialité mongole qu'ils mangent en grande quantité lors des événements particuliers comme le nouvel an par exemple. David, Rafa et moi avons essayé d'en préparer mais ça ne ressemblait pas à grand chose...
La grand-mère m'a servi une grande choppe de lait de chamelle fermenté que j'étais censée boire complètement ! Gloups ! Bah je n'ai pas réussi ! Ce n'est pas mauvais mais c'est assez acide. Heureusement, Rafa m'a sauvé en finissant le verre. J'ai soufflé ma bougie et j'ai même eu le droit à deux cadeaux ! Un bracelet et une broderie. Les buutz étaient excellents et nous avons passé une bonne soirée tous ensemble.



Le 10, changement de décors, les dunes arides ont laissé place à des collines couvertes de verdure. Munguu nous a emmenés dans une vallée dont le fond est occupé par un glacier qui résiste aux chaleurs de la région. Là, nous avons fait une rando de deux heures environ, sur la glace.



Le quatrième jour, après plusieurs heures de route, nous avons enfin aperçu les dunes de sable tant attendues. Nous les avons atteintes en fin d'après-midi, nous avons posé nos affaires dans une des yourtes et, après avoir bu le traditionnel thé, nous sommes partis en direction des dunes à dos de chameau. Ça fait mal aux fesses ! Mais on a une bonne vue de là haut !


Nous avons laissé les chameaux au pied des dunes et sommes allés nous amuser dans ce bac à sable géant ! Nous sommes ensuite rentrés, en file indienne, sur nos chameaux.



J'ai eu beau faire attention, du sable s'est infiltré dans mon appareil photo et a bloqué le zoom qui ne se refermait plus. J'ai passé une bonne partie de la soirée à le secouer pour faire sortir les grains et l'appareil s'est remis à fonctionner par intermittence. Donc pour la suite de mon voyage, de temps en temps il n'y a pas de photo :( Au cours de la soirée, un Mongol est entré dans la yourte, un peu bourré, et a commencé à parler à Shuck et à m'appeler "ma chérie". Munguu s'est ensuite tournée vers moi et m'a dit "C'est ton chauffeur pour demain matin"... Euuuhhh, je suis pas trop d'accord là !
Pour le dîner, Munguu avait préparé une autre spécialité mongole qu'ils mangent au nouvel an. Difficile à décrire mais c'était bien bon !

Le matin du 12, nous avons eu le droit à des pancakes au petit déjeuner puis il a fallut dire au revoir à la petite troupe (snif) et partir avec Erka qui avait bien récupéré de la veille. L'autre groupe n'était pas très loin (15-20min) et était composé de 5 filles ! Katie des Etats-Unis, Rebecca d'Australie, Stephie et Laura d'Allemagne et Diana d'Italie. Elles étaient accompagnées de Tseenguune (pas vraiment sûre de l'orthographe... à prononcer Tsyngouné), leur guide qui parlait super bien anglais. Nous avons rapidement pris la route dans le minibus (toujours russe !) plus confortable que la jeep mais avec trois places dos à la route.



Nous nous sommes arrêtés un moment aux Flamming Cliffs, des roches rouges un peu comme aux Etats-Unis mais en plus petit ! Apparemment, c'est là qu'ils ont trouvé des oeufs de dinosaures fossilisés.


Pour le déjeuner, nous avons fait une pose dans un camp de yourtes. Les filles m'ont dit "Tu vas voir, Tseenguune est un bon cuisto" ; il est arrivé quelques minutes plus tard avec des nouilles instantanées... Dans l'après-midi, nous avons visité les ruines d'un ensemble de temples qui accueillait plus d'un millier de moines bouddhistes et qui a été détruit en 1937 par les Soviétiques. Il est actuellement en cours de reconstruction.


Le soir, nous avons campé et le guide a préparé un vrai petit plat cette fois et, en effet, c'était bien bon !

Le 13, nous avons fait beaucoup de route. Nous devions nous rendre a Arvaikheer où les deux Allemandes et l'Italienne devaient prendre un bus tôt le lendemain matin pour rentrer à Oulan Bator. En chemin, nous nous sommes arrêtés pour déjeuner près d'une colline rocailleuse que nous avons grimpée pendant que Tseenguune préparait le repas. Les alentours étaient toujours très arides et on pouvait déjà apercevoir la ville au loin.


De retour au minibus, nous avons pu déguster des sortes de sushis végétariens super bons (pas très mongol mais c'est pas grave !). Nous avons atteint Arvaikheer en fin d'après-midi où Tseenguune nous avait promis qu'on pourrait profiter des douches publiques pour nous laver (ça faisait 6 jours que nous nous nettoyions avec des lingettes pour bébé). Malheureusement, c'était fermé :( Katie et moi sommes allées dans un centre internet pour régler nos problèmes d'assurance (pour elle) et de banque (pour moi). En effet, à Oulan Bator, je n'ai pas pu retirer de gros montants donc j'ai fait plusieurs petits retraits à la suite. Ma banque a trouvé ça louche et a eu la bonne idée de bloquer ma carte ! (enfin, à ce moment là, je ne savais pas qu'ils l'avaient bloquée et je me demandais juste pourquoi je n'arrivais pas à retirer). Heureusement que David s'est proposé de m'avancer l'argent pour payer le tour mais ensuite c'était un peu la galère pour lui faire un virement... Bref. Ce soir là, nous devions camper mais le temps était mauvais (pluie et vent) donc le guide a préféré nous emmener dans une guesthouse (une yourte en plein milieu de la ville). Alors que nous jouions à un jeu de dés impliquant de boire quelques bières suivant le résultat, la mamie qui nous hébergeait, intriguée, s'est jointe a nous ! Bien évidemment, elle a dû boire aussi, ce qui l'a fait beaucoup rire !


Le lendemain matin, nous avons mangé des pancakes au petit dej' (miam !) puis nous sommes allés déposer les filles à la station de bus. Nous avons échangé trois filles bien sympas contre un français très bizarre qui se croyait irrésistible, qui cherchait constamment le contact physique et qui prenait un peu les femmes pour des objets... (yeurk !) Nous avons pris la route pour rejoindre une famille de nomades près de la région des huit lacs. En chemin, les paysages se sont transformés. Nous avons vu de plus en plus d'arbres, de rivières et le sol s'est peu a peu recouvert d'herbe verdoyante. Après une semaine dans le désert, ça fait du bien de voir du vert !



La famille qui nous a accueillis est composée de Monhoon ("Moro"/"Mora" quelque chose entre les deux !), le père, guide pour les promenades à cheval, Huuhnee ("Rourné"), la mère, qui s'occupe de toutes les tâches quotidiennes du petit matin jusqu'au soir, Adya, Purwee ("Pouroué") et Lhuaqmaa (là, vous vous débrouillez pour la prononciation !), les filles de 13, 10 et 5 ans et enfin Baagii, le petit dernier de 1 ans et demi. Leur camp est situé dans un endroit magnifique, proche des collines et juste au dessus de la rivière. Ils possèdent des yacks (que nous avons vus seulement le premier jour), des chevaux, qui n'étaient pas là, des chèvres et des moutons. Vous lisez toujours là ?




Rebecca, Cathy et moi sommes descendues à la rivière pour faire notre lessive et nous laver (Brrr !). Le soir, j'ai essayé de parler à Adya, pendant qu'elle préparait le feu dans le poêle, en lui faisant des signes ridicules et en me présentant à la façon Tarzan et Jane. Elle m'a répondu dans un anglais presque parfait "My name is Adya, nice to meet you. How old are you ?". Ok, j'ai pas l'air débile moi !! "25, and you ?", "I'm 13 years old. My family is 4 children, 3 girls and 1 boy, baby is boy". Apparemment, elle avait l'habitude de répéter cette phrase à chaque fois que des touristes lui posaient la question ! Au dîner, nous avons mangé de la viande de chèvre séchée avec des poivrons et des pommes de terre.


Le 15, nous devions partir pour une randonnée de trois jours à cheval mais malheureusement ce matin là j'étais malade (peut être à cause de la douche dans la rivière ou de la bouffe) donc Tseenguune, Monhoon, Katie, Rebecca et Steven sont partis sans moi et je suis restée avec la famille et le conducteur (et les groupes de touristes qui s'arrêtaient là). Depuis le début du tour, j'avais hâte de pouvoir faire du cheval et de découvrir les huit lacs mais ça me passait à présent sous le nez. Je suis restée allongée une bonne partie de la matinée et ça commençait déjà à aller mieux en fin de journée. Ce jour là, la famille a tué une chèvre et le groupe qui était là a pu goûter de la viande fraîche. J'étais dans la yourte lorsqu'ils l'ont abattue et quand je suis sortie, la mère et Adya était en train de nettoyer les intestins... De nombreux rapaces volaient au dessus du camp et certains plongeaient même parfois pour essayer d'attraper un morceau de chèvre.


Je me suis très bien entendue avec Adya qui est une jeune fille déjà très responsable et super gentille. Son anglais était un peu limité (enfin, c'était déjà mieux que le niveau moyen d'une française de son âge !) mais nous avons réussi à pas mal communiquer. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble et à chaque fois que j'entrais dans la yourte, elle me proposait "milk tea?". Le soir, je suis partie avec Lhuaqmaa pour ramener les chèvres et moutons près du camp. Elle m'a bien fait rire et essayait de m'apprendre des mots mongols en chemin.



Le lendemain matin, Erka m'a emmenée dans un autre camp pour que je me joigne à un groupe pour faire du cheval. Je me suis donc retrouvée avec une dizaine de parigots (désolée, mais c'était vraiment la caricature du parisien en vacances !) et nous sommes partis, chacun précédé d'un cavalier mongol, pour une balade qui a duré un peu plus d'une heure. C'était sympa mais j'étais un peu déçue de ne pas pouvoir faire du galop et de seulement suivre le reste du groupe à la file indienne. Dans l'après-midi, j'ai refait une balade à cheval avec le "chef" de la troupe et cette fois sans les parisiens râleurs !


Le soir, j'ai aidé Adya, son cousin et "T-shirt jaune" à rentrer les chèvres et moutons dans leur enclos. Il a fallu séparer les petits cabris de leur mère pour pouvoir traire les chèvres le lendemain. Plus tard, Adya m'a demandé de la rejoindre dans la yourte familiale, elle a sorti un livre d'exercices qui contenait un léger dictionnaire anglais-mongol à la fin et m'a dit "New words", "you teach me" ! J'ai donc essayé de lui apprendre des nouveaux mots et elle m'a expliqué qu'elle voulait étudier l'anglais plus tard.

Le 17, vers 13h, après avoir rassemblé le troupeau, Adya m'a donné un seau et m'a dit qu'il y avait six chèvres à traire. Nous étions dans l'enclos, au milieu de toutes les chèvres (et même quelques boucs) à essayer de traire les six mamans sans qu'elles ne s'échappent. J'étais pas très douée et ai presque mis plus de lait à côté du seau que dedans ! Enfin, non, j'exagère un peu ! Je me suis fait manger le T-shirt, le chapeau et le short par les chèvres qui me regardaient galèrer avec leurs yeux sans expression. Une fois que nous avions fini, le seau d'Adya était quasiment plein alors que le mien était à peine rempli au quart... J'ai voulu faire croire à la mère d'Adya que le seau plein était le mien mais je ne crois pas que ça ait marché ! J'ai déjeuné avec la famille. Huuhnee avait préparé des nouilles fraîches que nous avons mangées avec de la viande de yack séchée. Les enfants m'ont ensuite proposé une sorte de yaourt au lait de yack, très acide ; même avec du sucre j'ai eu du mal ! Le groupe est rentré en milieu d'après-midi et les filles m'ont raconté l'attitude déplacée de Steven qui n'avait aucun respect pour les chevaux. La balade était vraiment sympa mais l'ambiance pas terrible. D'un côté, j'étais bien contente d'être restée avec la famille avec qui j'ai passé de supers moments ! En fin de journée, je suis partie à cheval avec Adya et "T-shirt jaune" qui a le même âge qu'elle. C'était super ! Nous avons essayé de faire galoper mon cheval mais il était apparemment trop feignant ! En rentrant, nous avons tous joué avec les enfants qui se sont amusés autant que nous !



Le lendemain matin, j'étais super triste de devoir quitter la famille. Surtout que je n'ai même pas vu Adya avant de partir. Nous sommes repartis avec le minibus en direction des sources chaudes où nous allions pouvoir prendre une douche ! Après une demi-heure de route, Tseengunee a reçu un appel et nous avons fait demi-tour : Steven devait rejoindre un autre groupe pour pouvoir aller dans le Gobi. Il était déçu de ne pas aller aux sources mais personne n'a râlé de devoir faire demi-tour ! Nous avons croisé Monhoon en chemin qui avait fait une partie de la route pour nous éviter de perdre trop de temps. Nous lui avons laissé Steven et sommes repartis pour de longues heures dans le minibus sur une route plus que jamais accidentée. Nous sommes arrivés en fin d'après-midi dans un camp touristique (des dizaines de yourtes alignées les unes à cotés des autres) où nous avons pu profiter des bains chauds et de douches bien chaudes ! Ça sentait juste un peu le souffre. Nous avons eu le droit à un bon petit repas composé de riz, de boeuf avec des champignons et de purée.




Le matin suivant était plutôt tranquille, nous nous sommes reposés, avons lu, écrit et discuté avec d'autres touristes du camp. Nous avons pris la route après le déjeuner et sommes rapidement arrivés dans un village où nous sommes, une nouvelle fois, restés dans un camp touristique. Tseenguune nous a préparé un super repas dans une yourte géante et un chanteur local très connu est venu dans notre yourte pour nous donner un concert privé !




L'avant-dernier jour, nous avons visité la réserve de chevaux sauvages dans le Parc National de Hustai, où ils ont réintroduit les derniers chevaux Przewalski. Nous avons pu les voir de très loin, sous la pluie, et sommes rapidement retournés au minibus.


Le soir, nous avons été hébergés chez une famille nomade et Katie a profité de la présence des enfants pour apprendre à compter en mongol avec eux. Les plus jeunes étaient étonnés de voir une adulte qui ne savait pas compter !


Le 21, c'était le retour à la capitale. Nous avons roulé toute la journée et avons atteint l'auberge vers 18h, après avoir passé des heures dans les bouchons d'Oulan Bator. Nous avons grandement apprécié la douche et le confort de l'auberge (qui n'est pourtant pas si confortable que ça !)

J'ai vraiment adoré ce tour de deux semaines et je pense que 20 jours ç'aurait été un peu long !

Je ne sais pas s'il y a grand monde qui a eu le courage de lire tout l'article ! Je vais essayer de poster rapidement la suite de mon séjour en Mongolie et ensuite vous aurez enfin des nouvelles de Chine !

Pour vous tenir au courant des articles que je poste, vous pouvez inscrire votre adresse e-mail dans le cadre à gauche pour pouvoir recevoir mes messages directement dans votre boîte aux lettres électronique.

Je suis actuellement à Kunming, dans le Yunnan (sud de la Chine) et je pars ce soir pour Guilin et ensuite j'irai à Yangshuo, Shenzhen puis Hong Kong.

jeudi 4 août 2011

Annonce

Salut tout le monde !

Je devrais être en Inde de début septembre à début/mi-novembre donc si ça vous tente de venir me rejoindre, n'hésitez pas à m'envoyer un message ! (En plus on m'a déconseillé de voyager seule en Inde donc je serai encore plus ravie d'avoir de la compagnie)

Je compte aller au Ladakh à partir du 5 septembre et au moins jusqu'au 19 et à Hampi (site de bloc dans le sud vers Bangalore, endroit magnifique et très agréable même pour les non grimpeurs) au moins du 22 octobre au 5 novembre.
Entre les deux, je n'ai encore rien planifié donc je suis assez flexible.
J'aimerais bien aller voir le Taj Mahal quand même !

... Quelques petites photos pour vous allécher :

Ladakh







Hampi :








Tenez moi au courant !

Bises de Chengdu ;)

lundi 25 juillet 2011

D'Irkoutsk à Oulan Bator

Samedi matin, je suis partie pour Oulan Oude, de l'autre côté du lac Baïkal. La ligne du transsibérien longe le lac au sud offrant de superbes paysages durant une grande partie du trajet. C'était le 4 juin et on pouvait encore apercevoir des morceaux de glace dériver sur le lac.





Le train est arrivé à Oulan Oude à 18h et je me suis rendue à l'auberge de jeunesse à pied, dans une chaleur étouffante. En traversant cette ville, capitale de la Bouriatie, on ne peut manquer de remarquer les visages typiquement asiatiques des habitants, car ici, la population est majoritairement originaire de Mongolie. L'auberge est située juste à côté de la place du centre-ville où trône une tête géante de Lénine (assez étrange quand même).






Le soir, je suis allée manger dans une yourte restaurant qui proposait des spécialités mongoles pour quelques roubles. J'y ai mangé des buutz (sortes de ravioli), une soupe et quelque chose qui ressemblait à une crêpe fourrée à la viande de mouton. Je me suis dit que la nourriture mongole n'était pas aussi terrible que ce qu'on dit et que je devrais pouvoir m'en contenter pendant 3 semaines.

Le lendemain, à l'auberge, j'ai rencontré Andreja, une Croate de 39 ans qui accompagnait son père qui rêvait de voyager en Russie. C'est la première fois que je rencontrais des touristes Croates ! Je pensais aller visiter un peu la ville mais je me suis retrouvée à discuter longuement avec eux. Je leur ai parlé de mes différents voyages dans leur pays et nous nous sommes aperçus que j’avais davantage visité la Croatie qu’Andreja ! J'ai appris qu'elle avait l'habitude d'héberger des couchsurfeurs et que le concept a beaucoup plu à son père qui a alors voulu voyager de la même façon.

J'ai dû les quitter en début d'après-midi pour prendre le train qui me mènerait à Oulan Bator. Il faisait moins lourd que la veille mais le soleil tapait fort et il faisait super chaud.

Sur le quai, j'ai retrouvé Peter, un Américain que j'avais brièvement croisé sur l'île d'Olkhone. Il était en train de discuter avec des Hollandais (qu'il avait croisés sur l'île) qui se sont avérés être mes voisins de compartiment. Dans les trains mongols, il n’y pas de troisième classe donc pour la première fois depuis le début de mon voyage en Russie, j'étais dans un vrai compartiment avec seulement 4 couchettes. Et au final, nous n'étions que 3.




Le train s’est mis en route et nous n’avions aucune idée de la durée du trajet car tout dépendrait du passage à la frontière. On roulait à une vitesse incroyablement lente. Les voitures dépassaient le train sans difficulté, c’était exaspérant ! La chaleur était difficilement supportable et les hôtesses de wagon avaient refusé de déverrouiller notre fenêtre donc nous profitions du peu d’air qui venait du couloir.




Arrivés à la frontière russe, les douaniers ont collecté nos passeports et feuilles d’immigration puis nous avons pu descendre du train pendant une heure. Nous en avons profité pour nous dégourdir les jambes, aller aux toilettes (très important !) et acheter des boissons fraîches. En revenant vers notre wagon, nous avons remarqué que la plupart des autres compartiments avaient leurs fenêtres ouvertes donc nous avons redemandé aux deux hôtesses, qui, après quelques supplications de notre part, ont accepté. Et on a rapidement compris pourquoi elles nous avaient dit non la première fois ! Elles ont mis plus de 5 minutes à ouvrir la fenêtre après avoir dû dévisser complètement toutes les vis et forcé dans tous les sens !

Quelques minutes plus tard, on nous a demandé de rejoindre nos compartiments, de fermer les fenêtres (NOOOOON !!!) et même les rideaux.
Et ils nous ont laissé enfermés là, dans la fournaise, pendant 3 heures. On pouvait voir quelques douaniers passer dans le couloir, parfois accompagnés de leur chien, des Mongols chargés de sacs énormes et des personnes qui nous proposaient de changer nos Roubles contre des Tugrik à des taux aberrants. Parfois, on nous demandait de sortir du compartiment pour pouvoir l’inspecter mais le reste du temps on ne pouvait que se demander ce qu’il pouvait bien se passer.

Aux alentours de 19h, le train a enfin démarré et nous avons atteint la frontière mongole 30 minutes plus tard. La procédure a repris et a encore duré presque 2 heures…




Donc, un conseil, si vous n’avez pas absolument envie de prendre le transmongolien, il y a des bus qui partent d’Oulan Oude, qui roulent bien plus vite que le train, qui mettent beaucoup moins de temps à passer les deux frontières et qui coûtent moins cher !

Lorsque le train est reparti, nous avons pu manger tranquillement puis il a rapidement été l’heure de se coucher.

Au réveil, nous avons enfin pu apprécier la beauté des paysages mongols.





Par contre, à l’approche d’Oulan Bator, capitale de la Mongolie, on déchante un peu. On aperçoit quelques routes goudronnées, les yourtes se transforment en buildings et barres d'immeubles soviétiques et la ville est surplombée par un fin nuage de pollution.

J’étais impatiente de découvrir le reste du pays !

lundi 11 juillet 2011

Irkoutsk et l'Ile d'Olkhone

 Irkoutsk et l'Ile d'Olkhone

Une bonne douche bien chaude ! Voilà ce dont je rêvais en arrivant à Irkoutsk. Après avoir passé plus de 112h dans les transports depuis ma dernière vraie douche chez Dina et Vadim (j'ai tout de même réussi à me laver les cheveux dans le transsibérien et ai profité de la bania à Artybash), j'étais contente de découvrir et tester la luxueuse salle d'eau de l'auberge !
Et les voyageurs que je cherchais, et bien c'est à Irkoutsk qu'ils se cachent ! On y rencontre ceux qui viennent de Moscou et ceux qui arrivent de Pékin, d'Oulan Bator ou de Vladivostok. J'ai ainsi fait la connaissance de Fabian et Sandra, de jeunes allemands super sympas qui font quasiment le même parcours que moi. Voilà le lien de leur blog pour les germanophones et ceux qui voudraient exercer leur allemand : www.suf-www.blogspot.com. Malheureusement, ils sont partis dans la journée pour Oulan Bator et voyagent bien plus rapidement que moi donc ça va être difficile de les croiser à nouveau.
J'ai ensuite rencontré James, un Néozélandais qui se rendait en Europe, Lou, un Australien originaire de France et habitant maintenant en Thaïlande, Stéphane, un Lyonnais expatrié en Suisse, mais aussi deux Danoises, Miki d'Australie, Sandy des Etats-Unis, Scott et Ed d'Angleterre, Jan et Kristina d'Allemagne et Caren de Hong-Kong.
J'ai passé pas mal de temps à discuter avec eux et j'étais contente de rencontrer Miki, Sandy et Caren, qui, elles aussi, voyagent seules et adorent ça ! Tout le monde m'a conseillé d'ajouter les pays d'Asie du Sud-Est à mon itinéraire... Du coup, je vais sûrement allonger un peu la durée de mon voyage ! ;)

Je devais attendre le lundi matin pour pouvoir faire mon visa mongol donc j'ai profité du week-end pour visiter un peu la ville et me reposer. Irkoutsk est située au bord de la rivière Angara et possède de nombreuses maisons en bois (dont certaines ne sont plus en très bon état) au milieu de bâtiments plus récents. Mais c'est surtout la ville du transsibérien la plus proche du lac Baïkal et le point de départ de nombreux séjours sur les rives du lac.




Lundi matin, je me suis levée de bonne heure pour aller faire mon visa mongol au consulat d'Irkoutsk. Ca a pris à peine dix minutes et je devais repasser le vendredi pour récupérer mon passeport.
L'après-midi, je suis allée à Listvianka, avec Caren, Scott et Ed, où nous avons enfin pu voir le lac. Par contre, nous avons été un peu déçus par le village dont les rives n'étaient pas très attrayantes. En fait, à part voir le lac et manger de l'omoul (poisson que l'on trouve dans le lac) fraîchement fumé sur le marché (miam !), nous n'avons pas trouvé l'intérêt de venir à Listvianka. Mais on est peut être passés à côté de quelque chose...


 


 

Le lendemain, je suis partie pour l'île d'Olkhone, à 6h d'Irkoutsk en minibus. Après avoir traversé des zones de forêt, le paysage devient plus aride et désertique. Heu... elle ressemble à quoi votre île ??
Après une courte traversée en ferry, nous y voilà. L'île est plutôt désertique d'un côté, couverte d'une forêt dense de l'autre et offre de superbes vues sur le lac.
Arrivés chez Olga, notre hôte, Jan, Kristina (un couple d'allemand de l'auberge) et moi avons eu le droit à un déjeuner copieux. Nous sommes ensuite partis à la découverte des environs. Le village n'est pas grand et comporte deux rues principales. On y retrouve toujours les fameuses maisons en bois. Sur l'île, il n'y a pas grand chose à faire à part se promener, se reposer, profiter de la vue sur le lac ou encore partir pour une des expéditions proposées. Parfait pour se relaxer un peu !












Dans la partie nord du village, on trouve les chambres d'hôte de Nikita. Ca ressemble un peu à Disneyland mais ils font pas mal pour le développement de l'île. J'y ai rencontré les Billaut, un couple français et ses quatre enfants qui se rapprochent de la fin de leur voyage d'un an à travers l'Eurasie. Les enfants ont 15, 11, 6 ans et la dernière, née en route, a seulement 6 mois. J'ai passé pas mal de temps avec cette famille qui est tombée amoureuse de l'île d'Olkhone, à leur poser des questions sur leur voyage et l'organisation avec 4 enfants. Vous pouvez retrouver leurs péripéties ici : www.heureuxquicommenous.fr.

De retour à Irkoutsk, après 2 jours et demi de repos sur l'île, j'ai couru au consulat mongole pour récupérer mon visa, puis à la gare pour acheter mes billets pour Oulan Oude et Oulan Bator, fais une lessive, chargé mes photos sur picasa et préparé mon sac pour le lendemain. Un retour à la réalité un peu speed !
 


Les albums photos : Listvianka, Ile d'Olkhone